Comment assurer ma sécurité?

Si vous sentez que l’atmosphère devient de plus en plus tendue avec votre partenaire (climat de tension accru) et que vous avez besoin de vous sécuriser en toute discrétion vous pourriez utiliser ces quelques scénarios :

  • avoir un cellulaire chargé avec le numéro de la police atteignable rapidement et en tout temps,

  • avoir le réservoir d’essence de la voiture plein en cas de départ précipité,

  • prévenir des personnes de confiance de la situation et/ou des personnes habitant proche de chez vous peut-être, afin que ces personnes puissent prévenir les secours en cas de danger,

  • avoir un sac caché avec le nécessaire en cas de départ forcé : clefs et doubles, papiers officiels, cartes d’identité, passeport, documents d’impôts ainsi que quelques vêtements de rechange pour vous et vos enfants,

  • préférer les rencontres avec votre partenaire dans des lieux publics et en plein jour où du monde autour de vous pourra facilement vous venir en aide,

  • si vous avez le moindre doute quant à votre sécurité et celle de vos enfants : appelez la police en cas de danger imminent et/ou contactez-nous!


Les cycles de la violence

La violence entre partenaires intimes se représente sous la forme d’un cycle au sein duquel le.la partenaire violent.e use de stratégies de domination et de différentes formes de violences afin d’asseoir sa domination sur vous. Il est important de savoir que c’est le.la partenaire violent.e qui initie, avec préméditation, chacune des étapes du cycle de la violence afin d’installer et de garder sa domination sur vous.

1. La tension

Le.la partenaire installe un climat de tension par ses comportements comme des regards menaçants, des critiques, de la mauvaise humeur, des silences, des excès de colère, etc.
La victime se centre sur les besoins de son.sa partenaire et fera tout pour que la situation ne s’aggrave pas.

2. La crise

Il s'agit de stratégies de contrôle afin d'affirmer son pouvoir. En utilisant différentes formes de violences, l'agresseur.e cherche à diminuer, humilier, blesser et contrôler.
L'agression peut provoquer des réactions de honte, de colère, de peur, de tristesse, d'injustice et d'impuissance. La victime adopte différentes stratégies de protection..

3. La justification

Le.la partenaire trouve des excuses pour justifier l’agression. L'agresseur.e se déresponsabilise et se place dans une position de victime. Ce n’est jamais sa faute. Au début, le.la partenaire ne met pas la faute sur la victime.
La victime tente de comprendre les justifications, doute de ses perceptions et finit par se croire responsable des comportements violents. Elle se décentre de plus en plus d’elle-même.

4. La réconciliation

Le.la partenaire va diminuer ou cesser momentanément la violence. Le.la partenaire va poser des gestes dans le but de maintenir la relation et de regagner la confiance de la victime.
La victime constate des efforts de changements et regagne espoir en la relation. Elle retrouve le.la partenaire du début de la relation.

Notes:
Les étapes ne suivent pas toujours cet ordre précis.
Un cycle n’inclut pas nécessairement toutes ces étapes.
Une fois enclenché, le cycle s’accélère.

« La violence conjugale se caractérise par une série d’actes répétitifs, qui se produisent généralement selon une courbe ascendante. […] La violence conjugale comprend les agressions psychologiques, verbales, physiques et sexuelles, ainsi que les actes de domination sur le plan économique. Elle ne résulte pas d’une perte de contrôle, mais constitue, au contraire, un moyen choisi pour dominer l’autre personne et affirmer son pouvoir sur elle. Elle peut être vécue dans une relation maritale, extramaritale ou amoureuse, à tous les âges de la vie. » Ainsi, la violence conjugale est appréhendée comme une tentative de prise de contrôle qui s’établit dans un rapport de domination. » Gouvernement du Québec, Prévenir, dépister, contrer la violence conjugale, Politique d’intervention en matière de violence conjugale. Qc. 1995


Les différents types de violence

La violence entre partenaires intimes se représente sous la forme d’un cycle au sein duquel le.la partenaire violent.e use de stratégies de domination et de différentes formes de violences afin d’asseoir sa domination sur vous. Il est important de savoir que c’est le.la partenaire violent.e qui initie, avec préméditation, chacune des étapes du cycle de la violence afin d’installer et de garder sa domination sur vous.

Souvent assimilée au concept de violence conjugale, la violence physique n’est pourtant pas la seule forme de violence dont les femmes cis et les personnes trans sont victimes au sein de leurs relations. Méconnues, ces autres formes de violence sont souvent minimisées mais sont toutes aussi insidieuses que la violence physique et laissent des marques indélébiles dans le corps et le cœur des victimes.

Dans la majorité des cas, la violence s’aggrave au fil du temps allant de la violence psychologique, à la violence physique et parfois même jusqu’à l’homicide conjugal ou le suicide. C’est ce qu’on appelle l’escalade de la violence. Cela peut augmenter très vite et les formes de violence peuvent s’enchainer très rapidement, ou prendre des mois, voire des années…

Il est important de savoir que la personne violente prémédite sa violence et la choisit comme un moyen rapide et facile de régler un conflit et ainsi, de continuer à imposer son contrôle sur son.sa partenaire.

Violence psychologique

Humilier, rabaisser, dévaloriser, niaiser, contrôler, dominer.

Violence spirituelle

Empêcher de vivre ses croyances ou sa religion librement ou forcer à adopter des croyances ou une religion.

Violence verbale

Injurier, insulter, crier des noms, sacrer après l’autre.

Violence économique

Contrôler le budget, supprimer l’argent de poche, voler l’autre.

Violence physique

Frapper, gifler, briser des objets, tenir et contrôler par la force.

Violence sexuelle

Forcer aux relations sexuelles : violer, culpabiliser l’autre en cas de refus et forcer à regarder des actes sexuels.

Cyberviolence

Violence via les réseaux sociaux et l’internet, messages de harcèlement, injures publiques, photos intimes.

Violence identitaire

La violence identitaire, parfois appelée violence culturelle, consiste à utiliser des caractéristiques personnelles pour rabaisser, manipuler et contrôler le.la partenaire. Certaines de ces tactiques chevauchent d'autres formes d'abus. Cette catégorie comprend des oppressions telles que le racisme, le sexisme, le classisme, l'âgisme, le capacitisme, l'homophobie, la biphobie et la transphobie.


Les conséquences de la violence

Que vous soyez dans une relation de violence conjugale ou que vous soyez sortie de la relation de domination, vous éprouvez peut-être des conséquences physiques et/ou psychologiques et/ou comportementales suite aux violences subies.

Chez la personne victime, les effets de la violence peuvent provoquer des problèmes de santé comme des crampes d’estomac, maux de tête, anxiété, insomnie, fractures, foulures… Vous pourriez également noter une perte de confiance en vous-même, de l’angoisse, de la peur, un sentiment d’incompétence, de honte, d’impuissance, avoir des idéations suicidaires, des comportements agressifs, recourir aux médicaments ou aux drogues, vivre de l’isolement…

Chez les enfants, l’on peut reconnaître les conséquences de la violence notamment via un sentiment d’insécurité fort et des états dépressifs, des difficultés d’adaptation et de comportement, une reproduction sur les autres des violences vécues. L’enfant peut également avoir des effets physiques qui découlent de la période de violence, on notera alors de l’insomnie, des cauchemars, des maux de ventre, maux de tête, de l’hyperactivité…

Il est important de savoir que toutes ces manifestations découlent des violences que vous avez vécues, vous n’en êtes en rien responsable, ni vous, ni vos enfants.

Ces effets peuvent exister pendant la relation et perdurer bien après que cette dernière soit terminée. Si c’est votre cas, n’hésitez pas à nous appeler pour en discuter, nous pourrons alors trouver ensemble des moyens pour les atténuer.


Différence entre violence conjugale et chicane de couple

Il arrive souvent qu’on ait de la difficulté à distinguer violence conjugale et chicane de couple. Vous pourriez vous posez ces 4 questions pour vous permettre de faire la différence :

Est-ce que mon.ma partenaire cherche à avoir du pouvoir sur moi?

En contexte de violence conjugale, oui. Le.la partenaire utilise des comportements violents, sous diverses formes afin que vous vous soumettiez à lui.elle.

Dans le cadre d’une chicane, il n’y a pas recherche de pouvoir mais d’expression, autour d’un sujet de discussion problématique.

Y’a-t-il agression?

Si votre partenaire utilise la force et la violence pour vous faire entendre raison et obtenir ainsi le pouvoir, vous vous trouvez surement dans une situation de violence conjugale. L’agresseur.e utilise alors des stratégies de domination afin de maintenir son pouvoir sur vous.

S’il s’agit d’une chicane de couple, l’intention de la discussion est claire : vous convaincre, le sujet de la discussion est alors la cause du conflit et non un prétexte de domination.

Est-ce que la situation persiste dans le temps?

En contexte de violence conjugale, la violence persiste et s’intensifie jusqu’à reproduire un modèle cyclique et récurrent de domination. C’est ce qu’on appelle le cycle de la violence : phase de tension, d’agression, de justification et de lune de miel.

Lors d’une chicane de couple, le conflit est ponctuel. Il peut y avoir des explications et le sujet de discorde peut revenir mais il n’y a pas de cycle ni je justifications qui pourraient légitimer la récurrence de la chicane.

Quel est le but / l’impact de la situation?

Dans le cadre de la violence conjugale, votre partenaire veut que vous vous soumettiez à lui/elle. Il y a une victime et un.e agresseur.e. Vous pouvez éprouver alors un sentiment de peur, de doute, de honte…

Lors d’une chicane de couple, chacun.e cherche à s’exprimer librement, sans peur, sans doute, et sans conséquence suite au conflit.

Vidéos et témoignages